Les gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugand

J'avais entendu pas mal de personnes parler en bien de ce livre d'Agnès Martin-Lugand, et le titre me plaisait. Alors quand une amie qui venait de le lire, m'a confirmé que c'était chouette, je le lui ai emprunté. Et devinez quoi ? Je n'ai pas aimé.

Diane est une femme qui a perdu sa fille Clara, et son mari Colin, dans un accident de voiture. Toujours dévastée un an plus tard, malgré le soutien de son ami Félix, elle lambine dans son appartement.

Puis un jour, elle décide de partir en Irlande, car Colin avait toujours rêvé d'y aller. Elle atterit dans un cottage sur la côte. Ses loueurs l'accueillent les bras ouverts et lui présentent leur neveu qui habite dans la maison jouxtant le cottage; Edward.

Quand on arrive à ce stade de l'histoire, on peut quasiment deviner tout le resteJ'ai eu le sentiment de lire un livre qui aurait eu pour ambition, d'enchaîner tous les clichés possibles.

 

Bon, je vais déjà essayer de dégager les aspects qui peuvent paraître les plus attrayants:

- "Les gens heureux lisent et boivent du café" peut vous plaire, si vous cherchez un livre à l'intrigue légère (bon ok, il est question de deuil au début, mais personnellement, ça ne m'a pas touchée...) et si vous aimez les romances. On pourrait faire un LEGER rapprochement avec Orgueil et Préjugés (pardonne-moi Jane Austen, de rattacher une de tes plus majestueuses oeuvres, à un livre qui ne lui arrive clairement pas à la cheville :'( ). En effet, on part d'une relation conflictuelle, avec un homme renfermé, qui finalement devient un chevalier servant, pour qu'ensuite éclate une véritable histoire d'amûûûre.

- ça m'a aussi fait penser au film The Holiday (que j'aime beaucoup, je l'avoue), pour le côté "petite maison perdue dans la campagne anglaise" (même si l'Irlande et l'Angleterre ce n'est pas la même chose, je sais).

Donc si tu aimes les histoires de femmes tristes qui reprennent goût à la vie grâce à un changement d'air, des clopes, du café et des bisous, ça peut te plaire. MAIS je dois te prévenir...

Les gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugand

... il y a vraiment des choses gênantes !

Les personnages sont de vrais stéréotypes :

- Félix, l'ami serviable de Diane, est gay. Il est exubérant, extrêmement fêtard, fait attention à son look et commente la coupe de cheveux de son amie. Il parle tout le temps de sexe et passe son temps à coucher à droite à gauche. Sérieusement ? Pourquoi les personnages homosexuels sont représentés quasi-systématiquement de cette manière. Je ne nie pas que certains homos peuvent avoir ces traits de caractère, et ils ont raison de profiter de leur vie comme ils l'entendent, mais je trouve vraiment dommage, qu'on ne propose que rarement une autre vision de ces personnes. On ne pourrait pas avoir, je ne sais pas, un homo timide, en couple depuis le lycée, qui traine toujours en jogging, pour changer ? Non ? Messieurs, dames, les auteurs, un peu de changement s'il vous plaît !

- Edward est un artiste tourmenté. Il est macho, autoritaire, froid, et brutale par moment. Mais en réalité, il a tout fait pour sa famille, et il se révèle être un chevalier servant protecteur. Ce qui tombe bien ! Parce que Diane est une pauvre petite femme paumée qui dit elle-même, qu'elle ne sait rien faire sans son mari. Elle n'a aucune idée de comment se débrouiller toute seule. Alors heureusement pour cette pauvre femme fragile, que le bon gros mâle est la pour la sauver. Yeurk.

- Il y a ensuite un personnage dont je ne peux pas vous dire grand chose, sans vous spoiler, qui s'appelle Megan. Megan, c'est la méchante. Et quelles sont les caractéristiques de Megan ? Megan est une femme ambitieuse qui réussit très bien dans son métier. Elle est plutôt carriériste et sait ce qu'elle veut. Elle est présentée comme une manipulatrice sans coeur. En gros mesdames, ne jouez pas les requins dans votre travail, et ne vous battez pas pour ce que vous voulez obtenir. Pour être la gentille, il faut être douce, sage, et effacée. Double "yeurk"!

 

La fin aurait pu être pire, mais Agnès Martin-Lugand, dans un sursaut d'intelligence, à éviter la catastrophe. En bref, vous l'aurez compris. Je ne tiens pas ce roman dans mon coeur. Peut-être que je suis passée à côté de quelque chose ? Si c'est le cas, n'hésitez pas à me l'indiquer dans les commentaires.

Si vous avez aimé ce livre, mais que vous avez trouvé ma critique trop véhémente, venez me le dire ! Vraiment ! J'adorerais en discuter !

 

A bientôt les amis !

 

"Si ce livre était une boisson", ce serait un café froid sans sucre.

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