La Passe-Miroir, des fiancés de l'hiver à La Mémoire de Babel, de Christelle Dabos

 Je n’ai jamais parlé de la saga de la Passe-miroir car quand j’avais commencé à la lire, une pluie d’articles lui était déjà consacrée. Mais le tome 3 vient de sortir, donc j’ai le droit de mettre mon grain de sel là-dedans, nous allons dire !

Pour faire vite, dans le tome 1, Ophélie était une animiste (elle anime les objets) timide et maladroite. Cette indécrottable solitaire refusait tous les compagnons qui auraient pu devenir son mari, ne tolérant que la présence de son écharpe possessive et de certains membres de sa famille. Jusqu’à ce que l’esprit de sa famille décide de la faire épouser un jeune homme inconnu, habitant carrément sur une autre arche !

Ah ! Petite précision, le monde d’Ophélie a été un beau jour déchiré en plusieurs arches. Sur chaque arche, un esprit de famille, une sorte de divinité géante qui serait à l’origine de chaque lignée vivant sur sa parcelle de terre. Et chaque famille possède un pouvoir bien à lui ; certains peuvent se déplacer comme ils veulent dans l’espace, d’autres savent créer d’impressionnantes illusions, d’autres encore peuvent vous faire souffrir sans même vous toucher…

Ophélie se retrouve alors propulsée dans un autre univers, le Pôle, où tout est froid, les décors comme le cœur des hommes. Son futur époux, Thorn, est un homme taiseux, balafré, et à peu près aussi emballé par ce mariage que le serait un poulet pour passer à la casserole.

Mais qui plus est, le Pôle est contrôlé par différentes castes violentes et sournoises, et quelques habitants voient d’un mauvais œil l’arrivée d’Ophélie.

La Passe-Miroir, des fiancés de l'hiver à La Mémoire de Babel, de Christelle Dabos

L’univers de la Passe-miroir a été de maintes fois comparé à celui d’Alice au Pays des Merveilles. En effet, Ophélie traverse littéralement les miroirs, se déplaçant d’une surface réfléchissante à une autre. Archibald, un des personnages les plus hauts en couleur (et un des plus séduisants)  rappelle le chapelier fou. Ou Thorn a toujours à la main une montre, qu’il aurait pu voler au lapin blanc. Et puis tout simplement, l’univers est onirique, proche d’un conte, où tout est incroyable mais où le danger toutefois guette.

Le tome 2 m’avait légèrement moins parlé que le premier. J’avais l’impression que l’intrigue était un peu moins bien géré, que l’histoire avançait moins et que tout simplement le sujet principal était moins happant que le sujet de fond. Des personnes disparaissaient au sein du château, mais honnêtement, j’avais l’impression d’être devant une enquête très typée livre de jeunesse, alors qu’en même temps on découvrait des choses bien plus intéressantes sur les esprits de famille, leur fameux livre, et les arches.

La Passe-Miroir, des fiancés de l'hiver à La Mémoire de Babel, de Christelle Dabos

J’avais tout de même hâte de lire le tome 3 parce que je trouve l’écriture de Christelle Dabos hypnotisante. Alors c’est parti pour le résumé de La mémoire de Babel :

Après la disparition de Thorn, Ophélie se lance à sa recherche. Ses pistes l’emmèneront sur l’arche de Babel où le plus important, c’est de rendre service à la société. Une fois sur place, elle devra donc se fondre dans la masse, et devenir apprentie aspirante afin de travailler au sein du Mémorial, où se cache « l’ultime vérité ».

Pas de temps morts, on est emporté dans un tout nouveau décor où les bâtiments sont démesurés, où les automates se faufilent dans des jardins aux allures de jungle et où la compétition règne. Les détails de chaque page sont impressionnants d’inventivité et de capacité à nous immerger dans Babel. Même si à nouveau l’intrigue du tome est un peu « simple » (en tout cas, j’avais deviné le dénouement), on en apprend toujours plus sur « l’avant Déchirure » et ça s’est surprenant et passionnant.

Ophélie évolue,  c’est à mes yeux un tome de mutation pour elle. Elle laisse la petite fille derrière l’autre côté du miroir, et devient une femme. Je la trouve toujours aussi attachante et mine de rien, elle devient de plus en plus forte.

Je crois que ce tome est l’un de mes préférés, et son ambiance m’a beaucoup rappelé l'université de Barrockstadt du jeu Sybéria. Pendant quelques heures, j’ai cru habiter un autre endroit et j’ai vraiment eu le sentiment de voyager avec Ophélie.

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